explorations
  • Descendra-t-elle aujourd’hui ?

  • Barcelone, Tbilissi, Bordeaux : notes sur la possibilité d’un espace public vertical

  • Nami Gradolí Giner

Avec Descendra-t-elle aujourd’hui ?, présenté dans la galerie blanche en avril 2026, l’architecte espagnole Nami Gradolí Giner interrogeait la praticabilité des espaces communs des logements collectifs en fonction de leurs usagers. Sa méthode de travail combine observations, explorations, entretiens, relevés photographiques et documentaires vidéo. Initiée à Sarajevo en 2018, sa recherche s’est ensuite portée sur Barcelone, avec, notamment, son travail de diplôme puis Tbilissi depuis 2025, et, à l’occasion de sa résidence à arc en rêve, à Bordeaux.

En 2021, l’adaptation des habitats – notamment vis-à-vis des personnes âgées – était au centre du sujet du diplôme de Nami Gradolí Giner préparé avec Adriana Núñez Alfaro. Étudiant le quartier Nou Barris de Barcelone, les deux futures architectes relèvent des typologies de bâtiments dans lesquelles aucun ascenseur n’est implanté. Manque de moyens, refus des habitants des étages inférieurs de payer l’accès aux niveaux supérieurs ou organisations spatiales compliquant la situation, elles ont exploré une diversité de situations et proposé, chaque fois, des solutions adaptées, en vue de sortir les personnes âgées de leur isolement. Leur projet 67 Steps a été nommé aux EUmies Young Talent Architecture Award. En 2023, avec une équipe élargie, elles commencent un documentaire pour prolonger leur recherche et recueillir les témoignages sensibles d’Isabel, Rosa, Rosita, Consuelo, etc. Depuis 2025, Nami Gradolí Giner développe mi/SHENEBA, projet de documentation de structures de circulation verticale ou d’extensions à Tbilissi, en Géorgie. Ce sujet, qui entre en résonance avec celui de Barcelone, interroge les solutions d’architecture informelle développées par les habitants pour pallier au manque de confort des logements collectifs, parfois laissé à l’abandon pendant près de 20 ans, suite à la chute du bloc soviétique. Des systèmes ingénieux voient le jour à l’initiative des locataires de grandes structures d’après-guerre : mutualisation d’un ascenseur entre trois blocs grâce à des passerelles, densification d’espaces extérieurs, paiement du trajet élévateur à l’unité ou ascension des courses par poulie, etc. À l’occasion de sa résidence à Bordeaux, Nami Gradolí Giner a déplacé son attention sur la ville, à la recherche de cas pertinents développés par des architectes pour réhabiliter ou construire des logements sociaux tout en augmentant usages, confort et accessibilité. Elle a également initié un travail sur un bâtiment appartenant au bailleur social Aquitanis, dépourvu d’ascenseur. Elle développe dans l’article qui suit un regard croisé sur les trois situations explorées à ce jour, tout enrichissant sa recherche à mesure des cas rencontrés. • Fanny Léglise

Vue de l'exposition / exhibition view.
Vue de l'exposition / exhibition view. / © Emmanuelle Maura pour arc en rêve

Barcelone : l’escalier comme filtre

En Espagne, pendant l’après-guerre, Barcelone a connu d’importantes vagues de migration tout en faisant face à une grave pénurie de logements. Entre les années 1950 et 1970, des ensembles de logements minimums – les polígonos de vivienda1 – ont été construits dans les périphéries de la ville. S’ils offraient des logements formels pour pallier la précarité des barracas2, leurs modèles rigides révèlent aujourd’hui leurs limites en matière de performance énergétique et d’accessibilité : ce sont des bâtiments qui vieillissent avec les personnes qui les habitent.

Vue de rue d’un ensemble de logements collectifs à Verdum, Barcelone, vers les années 1960. L’image documente le paysage urbain initial des ensembles de logements de l’après-guerre dans le quartier de Nou Barris. / Street view of collective housing in Verdum, Barcelona, c. 1960s. The image documents the early urban landscape of postwar housing estates in Nou Barris.
Vue de rue d’un ensemble de logements collectifs à Verdum, Barcelone, vers les années 1960. L’image documente le paysage urbain initial des ensembles de logements de l’après-guerre dans le quartier de Nou Barris. / Street view of collective housing in Verdum, Barcelona, c. 1960s. The image documents the early urban landscape of postwar housing estates in Nou Barris. / Archive document consisting of a catalogue card and photograph by P. Peñalver, record F-15-3992, “Calle Almansa”. Reproduced from archival material collected by N. Gradolí Giner for the 67 Steps research project. Original held at Centro de Estudios Populares Roquetes.

Ce qui a autrefois permis d’étendre l’accès au logement restreint aujourd’hui celui à la vie urbaine : l’escalier devient un filtre entre le foyer et la rue. Ce qui semble relever de l’individualité de chaque habitant est en réalité structurel : le parc massif de logements a été construit comme si les corps resteraient éternellement autonomes. Ici, le manque d’accessibilité ne limite pas seulement les déplacements ; il réorganise les relations de soin et de dépendance. Les femmes organisent souvent les réseaux de soins, gèrent les foyers, aident voisins et proches, et vieillissent seules chez elles. Compter les marches, tirer des chariots, regarder par les fenêtres, dépendre des visites des voisins ou détourner l’inaccessibilité à l’aide de dispositifs improvisés : ces gestes filmés3 révèlent comment l’architecture peut relier ou isoler. Nous partons du principe que les logements sont connectés aux réseaux urbains : l’eau, l’électricité et les données circulent presque sans friction. Mais qu’en est-il de la mobilité ? L’accès à la ville commence-t-il seulement une fois la rue atteinte ?

67 marches : c’est ce que Dolores (93 ans) doit descendre chaque fois qu’elle veut quitter son logement. Elle vit dans le même immeuble sans ascenseur depuis 1957. Chaque matin, elle se prépare, ferme la porte, s’accroche à la rampe et commence le décompte. Chaque palier devient une pause. Compter n’est pas un jeu ; c’est une manière de mesurer l’effort.

Dans le contexte espagnol d’un logement à la fois réglementé et privatisé, les structures fragmentées de copropriété4 transforment souvent l’absence d’ascenseur en une impasse collective. Même lorsque des subventions existent, on exige souvent que les habitants avancent les coûts, ce qui exclut les personnes disposant de peu de ressources économiques. Dans 67 Steps5, la réponse commence par un changement d’échelle : du bâtiment isolé vers l’îlot. Regrouper plusieurs immeubles permet de mutualiser des noyaux de circulation verticale, des passerelles extérieures et des connexions horizontales, redistribuant ainsi l’accès au-delà des limites de propriété. Ces nouveaux modèles de logement et programmes partagés s’insèrent au sein même de l’îlot, transformant l’intervention en support de sa propre transformation. Ils peuvent offrir des solutions de relogement temporaire, générer une valeur économique et créer des espaces de soin et de rencontre, tout en permettant au tissu existant de rester habité. L’accessibilité devient ainsi un processus progressif de coordination spatiale, financière et institutionnelle : une infrastructure publique qui ne s’arrête pas à la rue et atteint les domiciles.

Une rampe faite à la main par le mari de Lidia relie la dernière barrière verticale entre l’appartement de Lidia (60 ans), situé au rez-de-chaussée, et la rue. / A handmade ramp built by Lidia’s husband bridges the last vertical barrier between Lidia’s (60) ground-floor apartment and the street.
Une rampe faite à la main par le mari de Lidia relie la dernière barrière verticale entre l’appartement de Lidia (60 ans), situé au rez-de-chaussée, et la rue. / A handmade ramp built by Lidia’s husband bridges the last vertical barrier between Lidia’s (60) ground-floor apartment and the street. / Photograph by N. Gradolí Giner, 2023. From the research project and audiovisual piece 67 Steps, co-directed with A. Núñez Alfar

À proximité, Isabel (71 ans) vit dans le même appartement depuis la fin des années 1960. Cinq étages, sans ascenseur. Pendant des décennies, les escaliers faisaient simplement partie du quotidien. Aujourd’hui, son mari ne peut plus les emprunter. Alors elle fait les choses pour deux : les courses, les démarches, les déplacements du quotidien qui maintiennent la vie en mouvement. Elle essaie depuis des années de faire installer un ascenseur : réunions, votes, paperasse, labyrinthes administratifs, subventions inaccessibles. De plus en plus souvent, elle pense à partir. Mais pour aller où ?

Isabel (71 ans) vit dans le même appartement sans ascenseur depuis les années 1960. / Isabel (71) has been living in the same walk-up apartment since the 60’s.
Isabel (71 ans) vit dans le même appartement sans ascenseur depuis les années 1960. / Isabel (71) has been living in the same walk-up apartment since the 60’s. / Photo by Nami Gradolí Giner, 2023. for 67 Steps, co-directed with Adriana Núñez Alfaro.

Ana (90 ans) vit au quatrième étage. Elle n’a pas utilisé les escaliers depuis des semaines. S’exprimant depuis sa fenêtre, à moitié en plaisantant, à moitié sérieuse, elle dit vivre dans un état de « confinement permanent ».

À partir de cette réponse architecturale, la recherche s’est tournée vers d’autres contextes pour interroger les formes d’adaptation – informelles, collectives ou institutionnelles – qui émergent lorsque le parc de logements hérité ne correspond plus aux vies qui s’y déroulent.

Troisième espace de (dé)connexion : le foyer. Le salon d’un habitant de Verdum, à Barcelone, où la vie domestique est de plus en plus façonnée par la possibilité – ou l’impossibilité – d’atteindre la rue. / Third space of dis/connection: the home. The living room of a resident in Verdum, Barcelona, where domestic life becomes increasingly shaped by the possibility —or impossibility— of reaching the street
Troisième espace de (dé)connexion : le foyer. Le salon d’un habitant de Verdum, à Barcelone, où la vie domestique est de plus en plus façonnée par la possibilité – ou l’impossibilité – d’atteindre la rue. / Third space of dis/connection: the home. The living room of a resident in Verdum, Barcelona, where domestic life becomes increasingly shaped by the possibility —or impossibility— of reaching the street / Still from the unreleased documentary film 67 Steps, directed by N. Gradolí Giner and A. Núñez Alfaro. DOP: Pol Subirà and Júlia Llançana.
Une habitante monte vers la terrasse du toit d’un immeuble sans ascenseur à La Prosperitat, à Barcelone. N’étant plus en mesure de descendre dans la rue, elle ne peut que se déplacer vers le haut, transformant la terrasse en l’un des rares espaces restants d’accès et de rencontre. / A resident climbs toward the rooftop terrace in a walk-up housing block in La Prosperitat, Barcelona. No longer able to go down to the street, she can only move upward, turning the terrace into one of the few remaining spaces of access and encounter.
Une habitante monte vers la terrasse du toit d’un immeuble sans ascenseur à La Prosperitat, à Barcelone. N’étant plus en mesure de descendre dans la rue, elle ne peut que se déplacer vers le haut, transformant la terrasse en l’un des rares espaces restants d’accès et de rencontre. / A resident climbs toward the rooftop terrace in a walk-up housing block in La Prosperitat, Barcelona. No longer able to go down to the street, she can only move upward, turning the terrace into one of the few remaining spaces of access and encounter. / Still from the unreleased documentary film 67 Steps, directed by N. Gradolí Giner and A. Núñez Alfaro. DOP: Pol Subirà and Júlia Llançana.
Vue actuelle des ensembles de logements de l’après-guerre à Verdum, Barcelone. / Current view of the postwar housing estates in Verdum, Barcelona.
Vue actuelle des ensembles de logements de l’après-guerre à Verdum, Barcelone. / Current view of the postwar housing estates in Verdum, Barcelona. / Still from the unreleased documentary film 67 Steps, directed by N. Gradolí Giner and A. Núñez Alfaro. DOP: Pol Subirà and Júlia Llançana.

Tbilissi : le logement en transformation

À Tbilissi, des typologies similaires d’immeubles sans ascenseur se sont largement développées dans les années 1960 : les khrushchovkas6. Après l’effondrement de l’Union soviétique, ces cellules minimales se sont retrouvées dans une forme d’impensé où l’entretien public, la clarté juridique et la prise en charge institutionnelle avaient largement disparu. Confrontés à la précarité économique et à une réglementation floue, les habitants sont devenus des architectes malgré eux, considérant l’immeuble non comme un objet achevé, mais comme une structure ouverte à la négociation, à la transformation et aux besoins.

Structure collective de misheneba dans le district de Saburtalo, à Tbilissi. / Collective misheneba structure in the Saburtalo district, Tbilisi.
Structure collective de misheneba dans le district de Saburtalo, à Tbilissi. / Collective misheneba structure in the Saburtalo district, Tbilisi. / Still from footage filmed by N. Gradolí Giner, March–May 2025. From the fieldwork for the mi / SHENEBA research project, developed with Dea Khizanishvili.
Processus de construction des premiers blocs de khrushchovkas sur l’avenue Vazha-Pshavela, à Tbilissi, 1964. Vue aérienne montrant le développement du district de Saburtalo et l’émergence d’immeubles d’habitation standardisés sans ascenseur. / Construction process of the first Khrushchovka blocks on Vazha-Pshavela Avenue, Tbilisi, 1964. Aerial view showing the development of the Saburtalo district and the emergence of standardized walk-up housing blocks.
Processus de construction des premiers blocs de khrushchovkas sur l’avenue Vazha-Pshavela, à Tbilissi, 1964. Vue aérienne montrant le développement du district de Saburtalo et l’émergence d’immeubles d’habitation standardisés sans ascenseur. / Construction process of the first Khrushchovka blocks on Vazha-Pshavela Avenue, Tbilisi, 1964. Aerial view showing the development of the Saburtalo district and the emergence of standardized walk-up housing blocks. / Photograph by Givi Kikvadze, 1964. Reproduced from the National Archives of Georgia.

Misheneba7, dasheneba8 et amosheneba9 désignent différentes manières d’ajouter, d’étendre ou de clôturer l’espace. Certaines interventions prenaient l’allure de fragiles ajouts individuels ; d’autres revêtaient une forme plus collective avec des structures poteaux et poutres construites par les voisins, progressivement remplies, au rythme des moyens de chaque foyer. Certaines dashenebas fonctionnaient également comme des dispositifs économiques, produisant des surfaces dont la valeur pouvait contribuer à financer d’autres transformations, notamment l’installation d’ascenseurs.

Ce principe a également touché les circulations. Escaliers extérieurs traversant les cours, ascenseurs fixés en façade, ascenseurs payants à l’usage et liaisons improvisées entre immeubles ont transformé la mobilité verticale en infrastructure négociée. Parallèlement à ces dispositifs informels, Nutsubidze Plato10 offre un autre précédent : une expérience de la fin de la période soviétique dans laquelle trois tours ont été reliées par des passerelles aériennes afin de partager un même noyau d’ascenseur.

Dodo (87 ans) vit au cinquième étage d’une khrushchovka de l’époque soviétique. Dans les années 1990, elle a été à l’origine de son extension, en rassemblant les voisins pour qu’ils agrandissent leurs appartements grâce à une structure partagée de poteaux et de poutres, transformant l’immeuble de l’intérieur. Ils n’ont pas pu se permettre d’installer un ascenseur. Aujourd’hui, Dodo utilise une corde et une poulie pour hisser ses courses depuis la rue jusqu’à son balcon.

Dodo (87 ans) hisse ses courses à l’aide d’une corde depuis le balcon de sa khrushchovka sans ascenseur à Saburtalo, à Tbilissi. En l’absence d’ascenseur, la poulie devient une connexion verticale improvisée entre la rue et le logement. / Dodo (87) pulls her groceries up with a rope from the balcony of her walk-up khrushchovka in Saburtalo, Tbilisi. In the absence of a lift, the pulley becomes an improvised vertical connection between the street and the home.
Dodo (87 ans) hisse ses courses à l’aide d’une corde depuis le balcon de sa khrushchovka sans ascenseur à Saburtalo, à Tbilissi. En l’absence d’ascenseur, la poulie devient une connexion verticale improvisée entre la rue et le logement. / Dodo (87) pulls her groceries up with a rope from the balcony of her walk-up khrushchovka in Saburtalo, Tbilisi. In the absence of a lift, the pulley becomes an improvised vertical connection between the street and the home. / Stills from footage filmed by N. Gradolí Giner, March–May 2025. From the fieldwork for the mi / SHENEBA research project, developed with Dea Khizanishvili.

Dans un autre immeuble, Mirtsa (91 ans) se déplace lentement dans son logement à l’aide d’une canne. Ne descendant plus les escaliers, elle passe une partie de la journée près de la fenêtre. Elle observe les arbres qui se balancent, un voisin qui arrose les plantes, des voitures qui passent, des passagers qui arrivent et repartent.

Ascenseur payant à l’usage dans un immeuble d’habitation de l’époque soviétique, à Tbilissi. Après le retrait des systèmes d’entretien publics, les habitants ont mis en place des mécanismes à pièces afin de financer la maintenance des ascenseurs partagés, transformant la mobilité verticale en une infrastructure négociée et transactionnelle. / Paid-per-use elevator in a Soviet-era housing block, Tbilisi. After the withdrawal of state maintenance systems, residents introduced coin-operated mechanisms as a way to fund the upkeep of shared lifts, turning vertical mobility into a negotiated and transactional infrastructure.
Ascenseur payant à l’usage dans un immeuble d’habitation de l’époque soviétique, à Tbilissi. Après le retrait des systèmes d’entretien publics, les habitants ont mis en place des mécanismes à pièces afin de financer la maintenance des ascenseurs partagés, transformant la mobilité verticale en une infrastructure négociée et transactionnelle. / Paid-per-use elevator in a Soviet-era housing block, Tbilisi. After the withdrawal of state maintenance systems, residents introduced coin-operated mechanisms as a way to fund the upkeep of shared lifts, turning vertical mobility into a negotiated and transactional infrastructure. / Photograph by N. Gradolí Giner, March–May 2025. From the fieldwork for the mi / SHENEBA research project, developed with Dea Khizanishvili.

L’obscurité, la privatisation des biens communs et l’incertitude structurelle empêchent une lecture romantique de la croissance informelle de Tbilissi. Pourtant, ce paysage révèle un répertoire récurrent d’adaptations, où les bâtiments sont constamment ajustés à des vies en évolution. Entre l’hyper-régulation statique de Barcelone et l’informalité radicale de Tbilissi, la recherche commence à s’intéresser aux zones grises : des formes de transformation suffisamment ouvertes pour s’adapter, mais suffisamment encadrées pour rester sûres.

Passerelles aériennes dans les tours du plateau de Nutsubidze, Saburtalo, Tbilissi. Conçues par les architectes Otar Kalandarishvili et Gizo Potskhishvili, ces passerelles relient trois tours en hauteur, leur permettant de partager un noyau de circulation verticale. / Aerial walkways in the towers of Nutsubidze Plato, Saburtalo, Tbilisi. Designed by architects Otar Kalandarishvili and Gizo Potskhishvili, the bridges connect three towers at height, allowing them to share a vertical circulation core.
Passerelles aériennes dans les tours du plateau de Nutsubidze, Saburtalo, Tbilissi. Conçues par les architectes Otar Kalandarishvili et Gizo Potskhishvili, ces passerelles relient trois tours en hauteur, leur permettant de partager un noyau de circulation verticale. / Aerial walkways in the towers of Nutsubidze Plato, Saburtalo, Tbilisi. Designed by architects Otar Kalandarishvili and Gizo Potskhishvili, the bridges connect three towers at height, allowing them to share a vertical circulation core. / Photograph by N. Gradolí Giner, March–May 2025. From the fieldwork for the mi / SHENEBA research project, developed with Dea Khizanishvili.
Éléments de connexion à travers la cour intérieure d’un immeuble d’habitation, à Tbilissi. Escaliers extérieurs, passerelles et liaisons improvisées relient différents volumes par la cour, transformant l’espace résiduel entre les bâtiments en une infrastructure d’accès négociée. / Connection elements across the inner courtyard of a housing block, Tbilisi. External stairs, walkways, and improvised links connect different volumes through the courtyard, turning the residual space between buildings into a negotiated infrastructure of access.
Éléments de connexion à travers la cour intérieure d’un immeuble d’habitation, à Tbilissi. Escaliers extérieurs, passerelles et liaisons improvisées relient différents volumes par la cour, transformant l’espace résiduel entre les bâtiments en une infrastructure d’accès négociée. / Connection elements across the inner courtyard of a housing block, Tbilisi. External stairs, walkways, and improvised links connect different volumes through the courtyard, turning the residual space between buildings into a negotiated infrastructure of access. / Photograph by N. Gradolí Giner, March–May 2025. From the fieldwork for the mi / SHENEBA research project, developed with Dea Khizanishvili.

Bordeaux : vers un espace public vertical

Bordeaux ouvre une autre position entre Barcelone et Tbilissi. La même situation d’immeubles sans ascenseur apparaît dans des bâtiments anciens en copropriété et certains ensembles de logements sociaux, mais les cadres d’intervention diffèrent. Dans certaines parties du parc de logements sociaux, des acteurs comme Aquitanis11 disposent d’une capacité d’intervention plus concentrée, rendant la transformation collective plus facile à envisager que dans des structures de copropriété fragmentées.

Table de recherche pour l’exposition à arc en rêve, Bordeaux, centrée sur les immeubles du cours Balguerie Stuttenberg, avec des matériaux d’archives collectés par Rita Mercado. / Research table for the exhibition at arc en rêve, Bordeaux, focused on the housing blocks at cours Balguerie Stuttenberg, with archival materials collected by Rita Mercado.
Table de recherche pour l’exposition à arc en rêve, Bordeaux, centrée sur les immeubles du cours Balguerie Stuttenberg, avec des matériaux d’archives collectés par Rita Mercado. / Research table for the exhibition at arc en rêve, Bordeaux, focused on the housing blocks at cours Balguerie Stuttenberg, with archival materials collected by Rita Mercado. / Research and photography by N. Gradolí Giner, 2026.

Lors de la résidence à arc en rêve, des projets tels que la réhabilitation du Grand Parc, Claveau ou Beutre12 ont offert des pistes pour transformer le logement existant sans le détruire : ajout de surfaces, interventions par phases, amélioration du confort et de la performance énergétique, et limitation des relogements. Pourtant, l’accessibilité reste souvent secondaire. Si les bâtiments sont déjà agrandis, isolés et reconfigurés, la mobilité verticale pourrait-elle faire partie du même agenda ? Des systèmes de circulation partagés ou des coursives pourraient-ils transformer l’accessibilité en infrastructure commune ?

Projections sur la façade de la cour intérieure du 252 cours Balguerie Stuttenberg, Bordeaux. Développée lors de la résidence à arc en rêve, avec l’assistance de Rita Mercado. / Projection mapping on the inner courtyard façade of 252 cours Balguerie Stuttenberg, Bordeaux. Developed during the residency at arc en rêve, with the assistance of Rita Mercado.
Projections sur la façade de la cour intérieure du 252 cours Balguerie Stuttenberg, Bordeaux. Développée lors de la résidence à arc en rêve, avec l’assistance de Rita Mercado. / Projection mapping on the inner courtyard façade of 252 cours Balguerie Stuttenberg, Bordeaux. Developed during the residency at arc en rêve, with the assistance of Rita Mercado. / Photographs by N. Gradolí Giner, 2026.

76 marches. Conchita (80 ans) vit depuis plus de cinquante ans dans un immeuble des années 1950, devenu par la suite logement social après son acquisition par Aquitanis. Elle aime son appartement lumineux, la façade en pierre calcaire, le jardin et le quartier. Mais à mesure que son corps ralentit, les escaliers qui la reliaient autrefois à la rue sont devenus plus pesants. Elle envisage de déménager, bien qu’elle ne souhaite pas quitter le logement dans lequel elle a passé l’essentiel de sa vie.

L’exposition Descendra-t-elle aujourd’hui ? a mis en relation Barcelone, Tbilissi et Bordeaux, non pas comme des modèles à comparer ou à reproduire, mais comme des situations à partir desquelles penser collectivement le vieillissement des bâtiments, les transformations des corps et les formes possibles d’intervention. Elle est aussi devenue un espace de révélation de réalités souvent invisibles : domestiques, dispersées et silencieuses. À partir de là, le travail s’ouvre vers la recherche doctorale que je commence : une constellation plus large de contextes de logements hérités, où des formes spatiales, économiques et collectives de transformation ont été expérimentées. Comme étape suivante, Belgrade et les pavillons russes13 offrent un cas où « l’air » au-dessus des bâtiments existants a été traité comme une ressource spatiale et économique.

À travers ces exemples, ma recherche commence à se diriger vers l’idée d’un espace public vertical14 : la possibilité que l’espace vertical entre les bâtiments – souvent résiduel, privé ou purement technique – puisse devenir un champ partagé d’accès, de soin, de maintenance et de vie collective.

Cour intérieure des immeubles du cours Balguerie Stuttenberg – lieu de projection et espace potentiel pour de futures connexions verticales et interventions collectives en matière d’accessibilité. / Inner courtyard of the housing blocks at cours Balguerie Stuttenberg — the site of the projection mapping and a potential space for future vertical connections and collective accessibility interventions.
Cour intérieure des immeubles du cours Balguerie Stuttenberg – lieu de projection et espace potentiel pour de futures connexions verticales et interventions collectives en matière d’accessibilité. / Inner courtyard of the housing blocks at cours Balguerie Stuttenberg — the site of the projection mapping and a potential space for future vertical connections and collective accessibility interventions. / Still from footage filmed by Nami Gradolí during the residency at arc en rêve, Bordeaux.
Installation audiovisuelle à arc en rêve. À travers des récits intimes et une écoute située, le dispositif explorait la manière dont les récits personnels peuvent relier l’expérience incarnée, la mémoire et la transformation spatiale. / Audiovisual installation at arc en rêve. Through intimate stories and situated listening, the display explored how personal narratives can connect embodied experience, memory and spatial transformation.
Installation audiovisuelle à arc en rêve. À travers des récits intimes et une écoute située, le dispositif explorait la manière dont les récits personnels peuvent relier l’expérience incarnée, la mémoire et la transformation spatiale. / Audiovisual installation at arc en rêve. Through intimate stories and situated listening, the display explored how personal narratives can connect embodied experience, memory and spatial transformation. / © Nami Gradolí Giner
  1. En Espagne, le terme polígonos de vivienda désigne de grands ensembles résidentiels construits en périphérie urbaine au milieu du 20e siècle, souvent composés de blocs répétitifs, de logements aux standards minimaux et de typologies sans ascenseur. Conçus comme une réponse rapide à la pénurie de logements et à l’exode rural, ils ont donné naissance à de nouveaux quartiers ouvriers, souvent déconnectés des tissus urbains consolidés et des services.
  2. Quartiers informels auto-construits qui ont abrité des milliers de familles migrantes à Barcelone durant les décennies de l’après-guerre, notamment de grands ensembles situés à Somorrostro, Montjuïc et dans d’autres zones périphériques de la ville.
  3. La recherche architecturale initiée à travers 67 Steps s’est ensuite développée en un projet documentaire, utilisant le film pour saisir les gestes du quotidien, l’effort corporel et les formes de soins que les dessins architecturaux ne pouvaient pas entièrement restituer. Sa méthodologie s’inspire de l’ethnographie visuelle, comprise ici comme une manière d’aborder l’expérience vécue à travers les images, l’observation et des rencontres situées. Voir Sarah Pink, Doing Visual Ethnography, 4e éd., SAGE, 2021.
  4. En Espagne, les immeubles d’habitation sont souvent organisés selon un régime de copropriété : les logements appartiennent à des propriétaires individuels, tandis que le terrain, la structure, les escaliers, les façades, les toitures et les autres éléments communs appartiennent collectivement à la communauté des copropriétaires. Toute intervention affectant ces parties communes dépend donc d’accords entre plusieurs propriétaires privés.
  5. 67 Steps fait ici référence à 67 graons i un pati d’illa, un projet de recherche de mémoire de master portant sur l’accessibilité, le vieillissement et le logement d’après-guerre à Barcelone. Le projet explore la manière dont les immeubles sans ascenseur, autrefois associés à l’accès au logement moderne, nécessitent aujourd’hui une transformation collective à mesure que leurs habitants vieillissent.
  6. Les khrushchovkas sont des immeubles d’habitation standardisés à bas coût construits dans toute l’Union soviétique à partir de la fin des années 1950, notamment dans le cadre du programme de logement de Nikita Khrouchtchev. Généralement de cinq étages et réalisés à partir d’éléments préfabriqués, ils ont permis de fournir rapidement des appartements privés compacts.
  7. Misheneba / მიშენება : extension latérale, volume ajouté et accolé à la façade qui agrandit le logement horizontalement.
  8. Dasheneba / დაშენება : surélévation, ajout vertical consistant à construire de nouveaux étages ou volumes au-dessus d’un bâtiment existant.
  9. Amosheneba / ამოშენება : fermeture ou comblement, le fait de fermer des balcons, des terrasses ou des vides afin de les intégrer à l’espace intérieur du logement.
  10. Ensemble résidentiel de la fin de la période soviétique à Tbilissi, conçu par les architectes Otar Kalandarishvili et Gizo Potskhishvili dans les années 1970, où trois tours sont reliées par des passerelles aériennes partageant un même noyau d’ascenseur.
  11. Aquitanis est l’office public de l’habitat de Bordeaux Métropole. Dans cette recherche, il apparaît comme un exemple de structure de propriété et de gestion plus concentrée, permettant d’envisager des interventions à une échelle collective.
  12. La réhabilitation du Grand Parc (Lacaton & Vassal, Frédéric Druot, Christophe Hutin) agrandit les logements grâce à des jardins d’hiver et des balcons, améliorant les conditions de vie sans déplacer les habitants. Le projet Claveau (Nicole Concordet) intervient dans l’existant avec précision, économie de moyens et adaptation au cas par cas, en mettant l’accent sur l’amélioration énergétique. Celui de Beutre (Christophe Hutin) ajoute de l’espace et de nouvelles strates d’habitation tout en préservant le caractère informel et individuel des façades arrière.
  13. Les pavillons russes de Belgrade sont ici analysés à travers Glotzt Nicht so Romantisch! On Extralegal Space in Belgrade de Dubravka Sekulić, qui étudie leurs surélévations en toiture comme un processus extralégal négocié entre habitants, promoteurs, municipalités et cadres juridiques en mutation. Ce cas ouvre des questions sur « l’air » au-dessus des bâtiments existants comme ressource spatiale et économique : un potentiel permettant de financer la rénovation, d’améliorer l’accès vertical et de redistribuer un bénéfice collectif.
  14. L’espace public vertical est un principe de travail initialement exploré par Nami Gradolí Giner dans son mémoire de licence, La ventana: un refugio encontrado, et désormais proposé comme axe de recherche dans son projet doctoral en cours. Il désigne l’espace vertical, souvent résiduel, entre les bâtiments – l’intervalle entre le logement et la rue, la façade et la cour, l’intérieur privé et l’extérieur collectif – qui peut être occupé, activé ou transformé par des escaliers, des ascenseurs, des paliers, des passerelles, des coursives, des fenêtres et des connexions aériennes. Plutôt que de considérer ces éléments comme de simples dispositifs techniques, cette recherche les envisage comme des supports d’accessibilité, de visibilité, de soin, de maintenance et de vie collective : des infrastructures de connexion entre le logement, le corps et les réseaux plus larges de mobilité et de soin.

Nami Gradolí Giner

Nami Gradolí Giner est architecte et chercheuse, basée entre Valence et Barcelone. Son travail explore la manière dont les typologies de logements anciens – en particulier les logements d’après-guerre et l’habitat de masse – répondent aux vulnérabilités contemporaines telles que le vieillissement, l’inaccessibilité et les risques climatiques. Elle aborde l’architecture comme une pratique à la fois spatiale et politique, en combinant ethnographie visuelle, analyse technique et formats participatifs afin de documenter l’expérience vécue et d’ouvrir des débats ancrés dans la vie quotidienne. Elle utilise le film comme outil de recherche et moyen d’activer des conversations collectives autour du logement.

Nami collabore actuellement comme architecte au sein de l’agence Gradolí & Sanz Arquitectes et s’apprête à commencer son doctorat à l’Universitat Politècnica de Catalunya, consacré aux stratégies collectives d’adaptation du logement face aux enjeux d’accessibilité et à d’autres vulnérabilités en Europe du Sud. Son travail présenté à arc en rêve s'inscrit dans le programme des Résidences ad hoc organisées avec LINA European Architecture Platform.

Vue de l'exposition / exhibition view.
Vue de l'exposition / exhibition view. / © Emmanuelle Maura pour arc en rêve
Vue de rue d’un ensemble de logements collectifs à Verdum, Barcelone, vers les années 1960. L’image documente le paysage urbain initial des ensembles de logements de l’après-guerre dans le quartier de Nou Barris. / Street view of collective housing in Verdum, Barcelona, c. 1960s. The image documents the early urban landscape of postwar housing estates in Nou Barris.
Vue de rue d’un ensemble de logements collectifs à Verdum, Barcelone, vers les années 1960. L’image documente le paysage urbain initial des ensembles de logements de l’après-guerre dans le quartier de Nou Barris. / Street view of collective housing in Verdum, Barcelona, c. 1960s. The image documents the early urban landscape of postwar housing estates in Nou Barris. / Archive document consisting of a catalogue card and photograph by P. Peñalver, record F-15-3992, “Calle Almansa”. Reproduced from archival material collected by N. Gradolí Giner for the 67 Steps research project. Original held at Centro de Estudios Populares Roquetes.
Une rampe faite à la main par le mari de Lidia relie la dernière barrière verticale entre l’appartement de Lidia (60 ans), situé au rez-de-chaussée, et la rue. / A handmade ramp built by Lidia’s husband bridges the last vertical barrier between Lidia’s (60) ground-floor apartment and the street.
Une rampe faite à la main par le mari de Lidia relie la dernière barrière verticale entre l’appartement de Lidia (60 ans), situé au rez-de-chaussée, et la rue. / A handmade ramp built by Lidia’s husband bridges the last vertical barrier between Lidia’s (60) ground-floor apartment and the street. / Photograph by N. Gradolí Giner, 2023. From the research project and audiovisual piece 67 Steps, co-directed with A. Núñez Alfar
Isabel (71 ans) vit dans le même appartement sans ascenseur depuis les années 1960. / Isabel (71) has been living in the same walk-up apartment since the 60’s.
Isabel (71 ans) vit dans le même appartement sans ascenseur depuis les années 1960. / Isabel (71) has been living in the same walk-up apartment since the 60’s. / Photo by Nami Gradolí Giner, 2023. for 67 Steps, co-directed with Adriana Núñez Alfaro.
Troisième espace de (dé)connexion : le foyer. Le salon d’un habitant de Verdum, à Barcelone, où la vie domestique est de plus en plus façonnée par la possibilité – ou l’impossibilité – d’atteindre la rue. / Third space of dis/connection: the home. The living room of a resident in Verdum, Barcelona, where domestic life becomes increasingly shaped by the possibility —or impossibility— of reaching the street
Troisième espace de (dé)connexion : le foyer. Le salon d’un habitant de Verdum, à Barcelone, où la vie domestique est de plus en plus façonnée par la possibilité – ou l’impossibilité – d’atteindre la rue. / Third space of dis/connection: the home. The living room of a resident in Verdum, Barcelona, where domestic life becomes increasingly shaped by the possibility —or impossibility— of reaching the street / Still from the unreleased documentary film 67 Steps, directed by N. Gradolí Giner and A. Núñez Alfaro. DOP: Pol Subirà and Júlia Llançana.
Une habitante monte vers la terrasse du toit d’un immeuble sans ascenseur à La Prosperitat, à Barcelone. N’étant plus en mesure de descendre dans la rue, elle ne peut que se déplacer vers le haut, transformant la terrasse en l’un des rares espaces restants d’accès et de rencontre. / A resident climbs toward the rooftop terrace in a walk-up housing block in La Prosperitat, Barcelona. No longer able to go down to the street, she can only move upward, turning the terrace into one of the few remaining spaces of access and encounter.
Une habitante monte vers la terrasse du toit d’un immeuble sans ascenseur à La Prosperitat, à Barcelone. N’étant plus en mesure de descendre dans la rue, elle ne peut que se déplacer vers le haut, transformant la terrasse en l’un des rares espaces restants d’accès et de rencontre. / A resident climbs toward the rooftop terrace in a walk-up housing block in La Prosperitat, Barcelona. No longer able to go down to the street, she can only move upward, turning the terrace into one of the few remaining spaces of access and encounter. / Still from the unreleased documentary film 67 Steps, directed by N. Gradolí Giner and A. Núñez Alfaro. DOP: Pol Subirà and Júlia Llançana.
Vue actuelle des ensembles de logements de l’après-guerre à Verdum, Barcelone. / Current view of the postwar housing estates in Verdum, Barcelona.
Vue actuelle des ensembles de logements de l’après-guerre à Verdum, Barcelone. / Current view of the postwar housing estates in Verdum, Barcelona. / Still from the unreleased documentary film 67 Steps, directed by N. Gradolí Giner and A. Núñez Alfaro. DOP: Pol Subirà and Júlia Llançana.
Structure collective de misheneba dans le district de Saburtalo, à Tbilissi. / Collective misheneba structure in the Saburtalo district, Tbilisi.
Structure collective de misheneba dans le district de Saburtalo, à Tbilissi. / Collective misheneba structure in the Saburtalo district, Tbilisi. / Still from footage filmed by N. Gradolí Giner, March–May 2025. From the fieldwork for the mi / SHENEBA research project, developed with Dea Khizanishvili.
Processus de construction des premiers blocs de khrushchovkas sur l’avenue Vazha-Pshavela, à Tbilissi, 1964. Vue aérienne montrant le développement du district de Saburtalo et l’émergence d’immeubles d’habitation standardisés sans ascenseur. / Construction process of the first Khrushchovka blocks on Vazha-Pshavela Avenue, Tbilisi, 1964. Aerial view showing the development of the Saburtalo district and the emergence of standardized walk-up housing blocks.
Processus de construction des premiers blocs de khrushchovkas sur l’avenue Vazha-Pshavela, à Tbilissi, 1964. Vue aérienne montrant le développement du district de Saburtalo et l’émergence d’immeubles d’habitation standardisés sans ascenseur. / Construction process of the first Khrushchovka blocks on Vazha-Pshavela Avenue, Tbilisi, 1964. Aerial view showing the development of the Saburtalo district and the emergence of standardized walk-up housing blocks. / Photograph by Givi Kikvadze, 1964. Reproduced from the National Archives of Georgia.
Dodo (87 ans) hisse ses courses à l’aide d’une corde depuis le balcon de sa khrushchovka sans ascenseur à Saburtalo, à Tbilissi. En l’absence d’ascenseur, la poulie devient une connexion verticale improvisée entre la rue et le logement. / Dodo (87) pulls her groceries up with a rope from the balcony of her walk-up khrushchovka in Saburtalo, Tbilisi. In the absence of a lift, the pulley becomes an improvised vertical connection between the street and the home.
Dodo (87 ans) hisse ses courses à l’aide d’une corde depuis le balcon de sa khrushchovka sans ascenseur à Saburtalo, à Tbilissi. En l’absence d’ascenseur, la poulie devient une connexion verticale improvisée entre la rue et le logement. / Dodo (87) pulls her groceries up with a rope from the balcony of her walk-up khrushchovka in Saburtalo, Tbilisi. In the absence of a lift, the pulley becomes an improvised vertical connection between the street and the home. / Stills from footage filmed by N. Gradolí Giner, March–May 2025. From the fieldwork for the mi / SHENEBA research project, developed with Dea Khizanishvili.
Ascenseur payant à l’usage dans un immeuble d’habitation de l’époque soviétique, à Tbilissi. Après le retrait des systèmes d’entretien publics, les habitants ont mis en place des mécanismes à pièces afin de financer la maintenance des ascenseurs partagés, transformant la mobilité verticale en une infrastructure négociée et transactionnelle. / Paid-per-use elevator in a Soviet-era housing block, Tbilisi. After the withdrawal of state maintenance systems, residents introduced coin-operated mechanisms as a way to fund the upkeep of shared lifts, turning vertical mobility into a negotiated and transactional infrastructure.
Ascenseur payant à l’usage dans un immeuble d’habitation de l’époque soviétique, à Tbilissi. Après le retrait des systèmes d’entretien publics, les habitants ont mis en place des mécanismes à pièces afin de financer la maintenance des ascenseurs partagés, transformant la mobilité verticale en une infrastructure négociée et transactionnelle. / Paid-per-use elevator in a Soviet-era housing block, Tbilisi. After the withdrawal of state maintenance systems, residents introduced coin-operated mechanisms as a way to fund the upkeep of shared lifts, turning vertical mobility into a negotiated and transactional infrastructure. / Photograph by N. Gradolí Giner, March–May 2025. From the fieldwork for the mi / SHENEBA research project, developed with Dea Khizanishvili.
Passerelles aériennes dans les tours du plateau de Nutsubidze, Saburtalo, Tbilissi. Conçues par les architectes Otar Kalandarishvili et Gizo Potskhishvili, ces passerelles relient trois tours en hauteur, leur permettant de partager un noyau de circulation verticale. / Aerial walkways in the towers of Nutsubidze Plato, Saburtalo, Tbilisi. Designed by architects Otar Kalandarishvili and Gizo Potskhishvili, the bridges connect three towers at height, allowing them to share a vertical circulation core.
Passerelles aériennes dans les tours du plateau de Nutsubidze, Saburtalo, Tbilissi. Conçues par les architectes Otar Kalandarishvili et Gizo Potskhishvili, ces passerelles relient trois tours en hauteur, leur permettant de partager un noyau de circulation verticale. / Aerial walkways in the towers of Nutsubidze Plato, Saburtalo, Tbilisi. Designed by architects Otar Kalandarishvili and Gizo Potskhishvili, the bridges connect three towers at height, allowing them to share a vertical circulation core. / Photograph by N. Gradolí Giner, March–May 2025. From the fieldwork for the mi / SHENEBA research project, developed with Dea Khizanishvili.
Éléments de connexion à travers la cour intérieure d’un immeuble d’habitation, à Tbilissi. Escaliers extérieurs, passerelles et liaisons improvisées relient différents volumes par la cour, transformant l’espace résiduel entre les bâtiments en une infrastructure d’accès négociée. / Connection elements across the inner courtyard of a housing block, Tbilisi. External stairs, walkways, and improvised links connect different volumes through the courtyard, turning the residual space between buildings into a negotiated infrastructure of access.
Éléments de connexion à travers la cour intérieure d’un immeuble d’habitation, à Tbilissi. Escaliers extérieurs, passerelles et liaisons improvisées relient différents volumes par la cour, transformant l’espace résiduel entre les bâtiments en une infrastructure d’accès négociée. / Connection elements across the inner courtyard of a housing block, Tbilisi. External stairs, walkways, and improvised links connect different volumes through the courtyard, turning the residual space between buildings into a negotiated infrastructure of access. / Photograph by N. Gradolí Giner, March–May 2025. From the fieldwork for the mi / SHENEBA research project, developed with Dea Khizanishvili.
Table de recherche pour l’exposition à arc en rêve, Bordeaux, centrée sur les immeubles du cours Balguerie Stuttenberg, avec des matériaux d’archives collectés par Rita Mercado. / Research table for the exhibition at arc en rêve, Bordeaux, focused on the housing blocks at cours Balguerie Stuttenberg, with archival materials collected by Rita Mercado.
Table de recherche pour l’exposition à arc en rêve, Bordeaux, centrée sur les immeubles du cours Balguerie Stuttenberg, avec des matériaux d’archives collectés par Rita Mercado. / Research table for the exhibition at arc en rêve, Bordeaux, focused on the housing blocks at cours Balguerie Stuttenberg, with archival materials collected by Rita Mercado. / Research and photography by N. Gradolí Giner, 2026.
Projections sur la façade de la cour intérieure du 252 cours Balguerie Stuttenberg, Bordeaux. Développée lors de la résidence à arc en rêve, avec l’assistance de Rita Mercado. / Projection mapping on the inner courtyard façade of 252 cours Balguerie Stuttenberg, Bordeaux. Developed during the residency at arc en rêve, with the assistance of Rita Mercado.
Projections sur la façade de la cour intérieure du 252 cours Balguerie Stuttenberg, Bordeaux. Développée lors de la résidence à arc en rêve, avec l’assistance de Rita Mercado. / Projection mapping on the inner courtyard façade of 252 cours Balguerie Stuttenberg, Bordeaux. Developed during the residency at arc en rêve, with the assistance of Rita Mercado. / Photographs by N. Gradolí Giner, 2026.
Cour intérieure des immeubles du cours Balguerie Stuttenberg – lieu de projection et espace potentiel pour de futures connexions verticales et interventions collectives en matière d’accessibilité. / Inner courtyard of the housing blocks at cours Balguerie Stuttenberg — the site of the projection mapping and a potential space for future vertical connections and collective accessibility interventions.
Cour intérieure des immeubles du cours Balguerie Stuttenberg – lieu de projection et espace potentiel pour de futures connexions verticales et interventions collectives en matière d’accessibilité. / Inner courtyard of the housing blocks at cours Balguerie Stuttenberg — the site of the projection mapping and a potential space for future vertical connections and collective accessibility interventions. / Still from footage filmed by Nami Gradolí during the residency at arc en rêve, Bordeaux.
Installation audiovisuelle à arc en rêve. À travers des récits intimes et une écoute située, le dispositif explorait la manière dont les récits personnels peuvent relier l’expérience incarnée, la mémoire et la transformation spatiale. / Audiovisual installation at arc en rêve. Through intimate stories and situated listening, the display explored how personal narratives can connect embodied experience, memory and spatial transformation.
Installation audiovisuelle à arc en rêve. À travers des récits intimes et une écoute située, le dispositif explorait la manière dont les récits personnels peuvent relier l’expérience incarnée, la mémoire et la transformation spatiale. / Audiovisual installation at arc en rêve. Through intimate stories and situated listening, the display explored how personal narratives can connect embodied experience, memory and spatial transformation. / © Nami Gradolí Giner